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Conseil de l’UE : la Slovénie a repris les rênes

Source : Toute l’Europe – 02.07.2021 – Arthur Olivier

La Slovénie assure depuis le 1er juillet la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Le gouvernement slovène devra contribuer à relever une Europe blessée par la pandémie, alors même que son Premier ministre Janez Janša est accusé de dérives autoritaires.

Pour les six prochains mois, c’est la Slovénie qui sera aux commandes à Bruxelles”, résume Politico. Le pays d’Europe centrale a en effet pris jeudi 1er juillet la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, succédant ainsi au Portugal. Une charge déjà occupée par Ljubljana et son chef du gouvernement Janez Janša “pour la première fois lors du premier semestre de 2008″, alors que cet Etat a rejoint l’UE en 2004 [Euractiv].

Plusieurs dossiers attendent l’exécutif slovène. “Au programme : mener à bien le plan de relance, poursuivre la mise en place du Green Deal, ou encore renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe”, liste Le Monde. Des ambitions censées se refléter dans la devise choisie par le pays pour sa présidence : “Ensemble. Résiliente. Europe.”.

Les commissaires européens et les ministres slovènes se sont rencontrés ce jeudi afin de lancer la nouvelle présidence. “Dans ce contexte, l’accent [a été] mis sur les relations avec les Balkans occidentaux, la migration, la sécurité, l’État de droit et la Conférence sur l’avenir de l’Europe”, relève Euractiv.

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Une présidence scrutée de près

Pour autant, “si la Slovénie, en 2008, en tant que premier nouvel État membre à diriger l’Union européenne après le grand élargissement, a été saluée comme une réussite de la transition, sa position est cette fois-ci très différente”, relève le média slovène Dnevnik.

Le pays est désormais “divisé”, selon un autre article de Dnevnik, avec à sa tête un “grand admirateur de l’ancien président américain Donald Trump et fervent adepte des tweets”, complète le quotidien Večer. Car en Slovénie, celui qui est surnommé le “mini-Trump européen” s’attaque “aussi aux juges, aux universitaires, et les manifestations se multiplient pour dénoncer une dérive autoritaire”, relaie France 24. “Il a été accusé de réduire la liberté des médias, de saper le travail des procureurs de l’UE, d’affaiblir les tribunaux et les organismes de surveillance indépendants et de mener une ‘guerre culturelle’ contre les musées”, complète Politico.

Au niveau européen, sa proximité avec le dirigeant hongrois Viktor Orbán fait parler d’elle. En visite jeudi 1er juillet en Slovénie, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a par ailleurs “fait remarquer que la Slovénie serait responsable des discussions sur un rapport relatif au respect de l’État de droit dans les pays de l’UE”, relaie Politico. Un rapport “que la Commission doit publier à la fin du mois” de juillet et dans lequel les “préoccupations” concernant la Slovénie seront très probablement mises en exergue, poursuit le média.

La présidente de la Commission européenne a également appelé Janez Janša à coopérer “de toute urgence” avec le nouveau parquet européen [France info], destiné à combattre les activités illégales portant atteinte aux finances de l’UE. En effet, “durant les six derniers mois, Ljubljana n’a pas respecté son engagement concernant la nomination de deux procureurs délégués auprès de ce parquet”, relevait le journal slovène Delo début juin dans un éditorial repris par Courrier international. “En infraction à la loi, le gouvernement a annulé la désignation de deux procureurs déjà nommés [ils avaient participé en 2013 au procès contre M. Janša pour corruption lors d’un achat de blindés finnois] et décidé d’en désigner deux nouveaux”, complète le média. Les attaques du Premier ministre contre ce parquet européen sont allées jusqu’à conduire hier le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, à “[refuser] d’apparaître sur la photo de famille traditionnelle” [Le Soir].

La Slovénie, un “courtier honnête

Lors de la conférence de presse, M. Janša a félicité Mme von der Leyen pour la façon dont Bruxelles a géré la pandémie et a déclaré qu’il croyait aux principes fondateurs de l’UE”, fait savoir le Financial Times. Le chef du gouvernement slovène a affirmé “que son pays pouvait agir en tant que ‘courtier honnête’, mais qu’il n’était pas réaliste d’attendre de l’Union qu’elle soit un creuset où ‘nous pensons tous de la même manière’ “, prolonge le quotidien britannique.

Pour autant, “les priorités que s’est données Ljubljana pour sa présidence ne sont pas en rupture avec celles de ses prédécesseurs portugais et allemand”, tempère Le Monde. Même si M. Janša “compte aussi aborder la question de ‘l’évolution démographique négative dans l’UE’, en référence [à ses] convictions conservatrices concernant la politique de la famille et la natalité”, conclut le journal.

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