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Dossier : Histoire des premières vagues d’immigrations en Europe en général et en France en particulier

Depuis l’époque d’Homo Erectus, les peuples ont migré : de l’Afrique vers l’Asie, il y a 2 millions d’années, puis vers l’Europe, il y a un million d’années, l’Australie il y a -50 mille ans, enfin les Amériques vers -25 mille ans. Les déplacements s’effectuèrent exclusivement à pied jusqu’à environ -10 mille ans, quand l’invention de la pirogue révolutionna les transports. Vers -3.500 ans, la domestication du cheval permit de voyager dans des conditions plus confortables. Ces déplacements étaient liés à la recherche de nourriture : il fallait suivre les grands déplacements des troupeaux.

La maîtrise de nouveaux outils et du feu, permirent aux hominidés de s’installer dans des endroits au climat rigoureux. L’invention des aiguilles à coudre, il y a 30 mille ans, leur offrit la possibilité, outre de se vêtir, de créer leurs premières tentes en peau, facilement démontables, très utiles aux chasseurs-cueilleurs nomades lorsque les abris sous roche (= les grottes) ou sous bois (= les huttes) étaient impossibles lors de leurs pérégrinations.

Archeos_-_Vitry-en-Arois_-_Village_du_Haut_moyen-âge

Homo Sapiens serait arrivé d’Afrique en France entre -40.000 et -10.000 ans, en passant par le Proche-Orient et l’Europe de l’Est. Il s’installa en lieu et place de l’homme de Neandertal présent depuis un million d’année. La sédentarisation apparut au néolithique, vers -9.000 ans au Proche-Orient, avec le développement de l’élevage et de l’agriculture. La notion de culture arriva donc sur notre continent par des migrants venus du Proche-Orient. On trouve à la même époque la première forme d’habitat stable construit par l’homme, le plus souvent à destination familiale.

Très vite, la notion de propriété se met en place, qu’elle soit sous forme individuelle ou collective. Cela explique que vers -8.000 ans, la sédentarisation s’accompagne du développement du droit, de l’économie et de la technologie. De grandes inventions de techniques hydrauliques naissent, favorisant l’irrigation, le terrassement, le calcul des pentes, la gestion des crues, les transports fluviaux et les canalisations. La bonne gestion de l’eau permet d’irriguer les cultures, de s’abreuver et d’abreuver les bêtes, de développer un programme d’hygiène. On assiste alors à la naissance des villages, puis des villes, qui attirent de nouveaux migrants.

L’essor du peuplement de ce qui allait devenir l’Europe commence réellement à partir de la sédentarisation des populations. Ce qui deviendra la France compte environ 3.000 habitants en l’an -100.000 ; 10.000 habitants en l’an -20.000. La sédentarisation trouve ses marques vers l’an -6.000 avant notre ère. La population explose alors : 1 million d’habitants vers l’an -3.000 ; 4 millions vers l’an -1.800.

Les nouveaux migrants viennent d’un cœur territorial situé dans l’ouest de l’Inde, le Caucase et la Sibérie. Ces peuples pré-indo-européens n’arrivent pas en une seule fois, mais en plusieurs vagues successives. Ils amènent avec eux une forme de société structurée autour de trois fonctions primordiales qui façonneront la vie de nos ancêtres jusqu’à la nôtre :

  • Sacrée : ceux qui prient et détiennent la connaissance et la mémoire.
  • Militaire : ceux qui protègent, combattent, décident.
  • Productive : ceux qui cultivent, élèvent, produisent.

Map_Gallia_Tribes_TownsEn Europe, un peuple s’est installé depuis la protohistoire, c’est-à-dire d’environ – 10.000 ans à – 1.000 ans. Il s’agit du peuple celte gaulois, initialement posé sur le territoire du Hallstatt, dans l’actuelle Autriche. Dès son arrivée, il enrichit les populations locales par sa connaissance du travail du fer qui se révèle d’une importance capitale pour la fabrication d’outils et d’armes. Suivant les historiens et anthropologues, Celtes et Gaulois sont deux appellations synonymes pour un même peuple aux multiples tribus, ou deux peuples sensiblement différents. Quoi qu’il en soit, les Gaulois s’ouvrent au monde et commercent avec divers peuples, dont les Grecs.

Vers 300 avant J.-C., de nouveaux Celtes descendent du Nord : les Belges ; puis vers 120 avant J.-C., c’est au tour des Romains d’arriver par le sud. Leur intégration à notre territoire donnera naissance à la culture gallo-romaine qui vivra en paix jusqu’aux environs de l’an 250 où les Goths, Alamans et Francs arrivèrent de l’Est. Leur invasion se fait par le biais de pillages et de commerce. En l’an 313, l’empereur romain Constantin, venant de l’actuelle Serbie, s’appuie sur une nouvelle religion afin de pacifier notre territoire : le christianisme, religion essentiellement pratiquée, à l’époque, en Afrique du Nord et en Asie mineure. Elle devient religion officielle.

En 375, une nouvelle vague de migrants avec femmes et enfants, tous qualifiés de « barbares », balaie l’Europe jusque dans la partie que l’on nomme l’Empire d’Occident : les Ostrogoths (originaires de Suède), les Huns (Mongolie) et les Wisigoths (Roumanie). Elle est suivie en 406 d’une seconde vague, les Suèves (habitants de la mer Baltique), les Alains (Caucase) et les Vandales (Scandinavie).

La définition du mot « barbare » correspondait à « non civilisé », c’est à dire des personnes qui ne parlaient pas 220px-De_Neuville_-_The_Huns_at_the_Battle_of_Chalonsla langue du pays et ne vivaient pas selon un modèle de civilisation basé sur la cité. Elle sous-entendait également une non maîtrise de l’écriture. Pour arriver à « barbare » au sens signifiant « inhumain », il faut arriver à l’époque du christianisme. Sont alors barbares les païens, supposés non respectueux des lieux de cultes chrétiens. Pour les dignitaires chrétiens, un homme qui n’a pas d’âme chrétienne ne peut pas être un humain digne de ce nom. Très vite, il est sous-entendu cruel, féroce. L’histoire prouve que s’il y eu des arrivées de migrants qui se firent dans la violence, bien souvent, celles-ci furent pacifiques pour les populations autochtones. En réalité, ce furent les nouveaux arrivants qui durent s’adapter à la culture déjà en place.

De tout temps, l’immigration nourrit la France, terre d’asile. Des Vikings, aux Bretons (de Grande-Bretagne), en passant par les artistes italiens, les persécutés religieux (Cathares, Juifs, etc.), politiques (Pieds Noirs, Zanatany, Arméniens, etc.), ou pour développer des relations commerciales (Flandres, Allemagne, Chine, etc.), la France se nourrit de son immigration, Son vocabulaire enrichissant son vocabulaire à son contact.

Sources :

  • Jacques Dupâquier dans son Histoire de la population française
  • Études des anthropologues Georges Dumézil, Dupâquier et J-L Biraben

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